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Ces projets futuristes enterrés par Google



"La Silicon Valley a créé le mythe de visionnaires qui modèlent le futur sans effort. N'y croyez pas." L'aveu est signé Astro Teller, le directeur de Google X, qui s’exprimait lundi 15 février à Vancouver, dans le cadre de la conférence TED 2016. Ce laboratoire travaille sur les fameux "moonshots", ces projets futuristes qui passionnent tant Larry Page et Sergey Brin, les deux fondateurs du moteur de recherche. Fondé en 2010, il a pour mission de créer de "nouvelles technologies capables de profondément améliorer la façon dont nous vivons".
100 IDÉES ENTERRÉES EN 2015
C'est ici qu'ont vu le jour les Google Glass, que sont développées les voitures sans conducteur et qu'ont été imaginés les ballons fournissant un accès à Internet ou les lentilles de contact permettant de mesurer le taux de sucre des diabétiques. Ces projets, savamment dévoilés au compte-gouttes par l'entreprise de Mountain View, ne représentent cependant que la partie émergée de l'iceberg. Dans les bureaux du laboratoire, des centaines d'idées sont en effet étudiées. Mais peu survivent.
"L'an passé, nous avons enterré plus de 100 idées", indique M. Teller. "Nous passons notre temps à tuer des projets et à chercher à découvrir où nous nous sommes trompés", poursuit-il. Pour déterminer les projets à étudier puis ceux à poursuivre, Google X s'est fixé une feuille de route qui comporte trois critères, explique M. Teller : "résoudre un important problème qui affecte des millions de personnes", "proposer une solution radicale" et "offrir un espoir que la technologie puisse véritablement être fabriquée".
Ce troisième critère a été à l'origine de l'abandon d'un ambitieux projet : d'immenses cargos volants capables de transporter des marchandises (photo). Ces appareils "plus légers que l’air" devaient offrir une solution alternative aux transports actuels. Plus propre, plus rapide que le bateau mais plus abordable que l’avion. "Nous payons aujourd’hui des coûts énormes en ressources et en dégâts environnementaux, explique M. Teller. Et le potentiel économique des pays sans accès à la mer est restreint."
Mais ce projet présentait un problème de taille : son coût. Près de 200 millions de dollars auraient été nécessaires pour financer la recherche et développement, puis la fabrication du premier prototype. "Beaucoup trop cher pour une première étape nous permettant de savoir si nous étions sur le droit chemin", justifie le directeur de Google X. Cet échec a cependant ouvert une autre piste: "nous étudions un nouveau matériau très robuste mais qui flotte. Cela pourrait changer la manière dont nous pensons le ciel, les bâtiments, les transports."
FERME VERTICALE
Autre projet abandonné l'an passé par Google : une ferme verticale. La société n'est pas la première à se pencher sur ce concept qui pourrait aider à résoudre la crise alimentaire. "Avec une personne sur neuf souffrant de malnutrition, le besoin d’un 'moonshot' est évident", assure M. Teller. "Les fermes verticales utilisent dix fois moins d’eau et cent fois moins d’espace que les méthodes traditionnelles. Et vous pouvez cultiver à proximité des lieux de consommation, ce qui permet de réduire les distances de transport", ajoute-t-il.
L’idée est de cultiver des produits alimentaires sur des étagères placées les unes au-dessus des autres. Tout le processus (exposition à la lumière, apports en nutriments et en eau...) est contrôlé automatiquement, voire en temps réel. "Nous avions réalisé des progrès dans de nombreux domaines, comme la moisson automatique et la gestion de la lumière, explique le responsable du laboratoire. Mais nous n’étions pas parvenus à cultiver des graines et du riz de cette manière. " Pas assez radicale, cette solution ne convenait donc plus.