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Quel est l’état des banques grecques ?



Les Grecs se ruent-ils dans leurs banques pour retirer leurs dépôts ? Les banques grecques sont-elles au bord de l’asphyxie ? S’apprêtent-elles fermer leurs guichets ? Autant de questions qui se posent après l’échec, jeudi 18 juin, de l’Eurogroupe, qui n’a pas permis au gouvernement grec et à ses créanciers de trouver un terrain d’entente.
Y-a-t-il un « bank run » ?
Dans les rues d’Athènes tôt vendredi 19 juin, on ne constatait aucun retrait massif aux guichets bancaires après une nuit de folles rumeurs sur une fermeture éventuelle des banques en Grèce, dès ce week-end ou lundi.
Toutefois, selon des chiffres publiés par l’agence Reuters, environ 2 milliards d’euros auraient quitté les banques grecques ces trois derniers jours.
Selon nos informations, ce sont 800 millions d’euros qui seraient « sortis » mercredi 17 juin et 1 milliard jeudi 18 juin.
Les seuls chiffres officiels disponibles, publiés par la Banque de Grèce, s’arrêtent quant à eux à la fin avril. Ils font état d’une « fuite » de 30 milliards d’euros entre novembre 2014 et fin avril 2015.
Les banques ont subi des retraits de 12,25 milliards d’euros en janvier, de 7,57 milliards en février et de 1,91 milliard en mars.
Ces données montrent également que les dépôts des entreprises et des ménages ont diminué de 3,5 % en avril, soit de 4,89 milliards d’euros, à 133,65 milliards d’euros.
Il s’agissait du septième mois de baisse d’affilée des dépôts qui se situent ainsi à leur plus bas niveau depuis septembre 2004.
L’alerte est réelle, mais le gouvernement grec voit derrière l’accélération des retraits un plan pour « organiser techniquement une fuite artificielle de capitaux » afin de « faire peur » au peuple grec.
Les banques grecques sont-elles au bord de l’asphyxie ?
Selon des sources européennes, la Banque centrale européenne (BCE) a été sollicitée par la Banque centrale de Grèce pour augmenter encore le plafond des « ELA » (emergency liquidity assistance), le programme de soutien financier d’urgence aux banques grecques, dernier moyen de financement de l’Etat grec, qui ne peut plus lever de la dette à court terme sur les marchés financiers.
Mais l’agence de presse ANA a démenti, jeudi 18 juin tard dans la soirée, l’information selon laquelle la Banque centrale grecque aurait demandé à la BCE une rallonge de 3 milliards d’euros de liquidités, via la ligne d’urgence ELA.
« Certains responsables d’institutions européennes diffusent dans une presse complaisante des contre-vérités pour tenter de créer une panique bancaire dans notre pays et faire ainsi pression sur nous pour conclure l’accord qu’ils souhaitent nous imposer », affirmait jeudi soir une source gouvernementale, qui ne démentait pourtant pas totalement l’information sur la demande de la Banque de Grèce.
« Nous ne savons pas si le gouverneur de la Banque de Grèce a effectivement fait cette demande », précisait notre source depuis la Russie où elle accompagnait le premier ministre Alexis Tsipras, en voyage officiel.
Faut-il s’attendre à des fermetures de banques lundi ?
Le plafond de l’aide financière d’urgence de la BCE aux banques grecques s’établit aujourd’hui à 84,1 milliards d’euros et le gouvernement grec affirme que c’est largement suffisant pour couvrir leurs besoins de liquidités.
Il rejette également catégoriquement l’idée de banques fermées à partir de lundi 22 juin, ainsi que le laissait supposer dans la journée de jeudi une dépêche de Reuters.
La situation est néanmoins suffisamment sérieuse pour que le vice-président du gouvernement, Yiannis Dragasakis ait organisé, jeudi, une rencontre avec les représentants des banques commerciales grecques.
M. Dragasakis se serait montré optimiste sur la conclusion d’un accord dans la semaine à venir et aurait affirmé que les deux parties étaient proches d’un accord sur la réduction du déficit budgétaire en 2015 et 2016.
Il aurait précisé que les négociateurs grecs insistaient surtout sur une résolution définitive de la question de la viabilité de la dette publique.